Un œil sur la forêt

Une expérience immersive…

À travers cette exposition, l’ONF souhaite sensibiliser aux richesses naturelles en mettant en lumière la diversité de la faune présente en forêt. C’est également une opportunité idéale pour valoriser le travail quotidien des forestiers et des forestiers-naturalistes qui œuvrent à préserver et favoriser cette biodiversité remarquable aux côtés de nombreux partenaires.

Quatorze portraits ont été sélectionnés pour représenter la diversité des espèces présentes en forêt. Les nominés sont :

Les mammifères

  • Le Murin de Bechstein (Myotis bechsteinii)
    c’est l’espèce de chauve-souris la plus forestière en France. Mammifère ailé, comme toutes les autres chauves-souris de France c’est une redoutable prédatrice d’insectes (papillons, tipules, coléoptères…).
  • Le Chevreuil (Capreolus capreolus)
    comme le Cerf élaphe, seul le mâle (appelé brocard) porte des «bois» qu’il perd et renouvelle chaque année.
  • La Musaraigne musette (Crocidura russula)
    le mauvais caractère de cet insectivore (eh oui, ce n’est pas un rongeur) n’a pas échappé à nos voisins anglais qui l’appellent Shrew : mégère en français !
  • Le Renard roux (Vulpes vulpes)
    anciennement appelé Goupil, il doit son nom de Renard au nom du personnage héros du Roman de Renart écrit au Moyen Âge. Chasseur de poules et prédateur pour le petit gibier dont les faisans et les perdrix, ce canidé a mauvaise réptutation. Mais on oublie souvent que c’est aussi un auxiliaire important de l’agriculture car il est surtout un grand consommateur de rongeurs (campagnols, mulots, souris).

Les insectes

  • Le Clyte arqué (Plagionotus arcuatus)
    cet insecte qui ressemble de loin à une guêpe est un coléoptère dont les larves sont xylophages : elles se nourrissent de bois. Le chêne et le hêtre sont les principales essences forestières de son menu.
  • Le Sympétrum rouge-sang (Sympetrum sanguineum)
    cette petite libellule est l’une des plus communes sur les mares forestières. En été, les œufs sont pondus dans l’eau ou sur les berges humides. Ils n’éclosent qu’au printemps suivant lorsque le niveau d’eau est optimal et les proies nombreuses (de petits invertébrées aquatiques, notamment les larves de moustiques).
  • Le Petit Sylvain (Limentis camilla)
    ce papillon très commun fréquente les bois et forêts où il trouve la plante hôte qui servira de support pour ses pontes puis de nourriture pour les chenilles : le Chèvrefeuille des bois.

Les oiseaux

  • La Chouette hulotte (Strix aluco)
    elle gobe ses proies en entier (essentiellement des rongeurs) et recrache les os et les poils qu’elle ne peut pas digérer sous forme de boulettes appelées pelotes de réjection. En les étudiant, les naturalistes déterminent son régime alimentaire.
  • Le Roitelet à triple bandeau (Regulus ignicapilla)
    avec ses 9 cm et un poids moyen inférieur à 6 grammes (!) c’est l’un des plus petits oiseaux d’Europe. Les plumes de sa tête forment un diadème, ce qui lui vaut son nom de Roitelet (de l’ancien français «roitel» qui signifie «roi d’un petit pays»).

Les reptiles et les amphibiens

  • La Coronelle lisse (Coronella austriaca)
    cette couleuvre a un régime alimentaire essentiellement constitué… d’autres reptiles (orvet, lézard…) En forêt, lorsque l’on observe un lézard avec un bout de queue manquant, c’est souvent l’œuvre d’une Coronelle à qui il a pu échapper… cette fois-ci !
  • Les Grenouilles vertes (Pelophylax sp.)
    sur la photo, il s’agit d’un groupe de Grenouille de Lessona (Pelophylax lessonae) et d’un klepton (un hybride voleur de gènes), la Grenouille verte (Pelophylax kl. esculentus). Comme les autres amphibiens, cette grenouille développe plusieurs systèmes respiratoires selon les stades de sa vie : respiration avec des branchies (comme les poissons) et par la peau au stade de têtard puis respiration à l’aide de poumons et par la peau à l’âge adulte.
  • La Salamandre tachetée (Salamandra salamandra)
    c’est la moins aquatique des espèces d’amphibiens car très mauvaise nageuse. L’accouplement se fait à terre et la femelle adulte ne se met à l’eau que pour… mettre bas ! En effet, contrairement aux autres amphibiens métropolitains, les salamandres ne pondent pas d’œufs, les embryons se développent in utero.

L’ONF en Pays de la Loire, un patrimoine géré durablement

L’ONF, premier gestionnaire d’espaces naturels en France, gère plus de 40 000 hectares de forêts publiques en Pays de la Loire, appartenant principalement à l’Etat. Les forestiers de l’ONF rédigent pour chaque forêt un plan de gestion qui priorise les enjeux entre préservation de la biodiversité, production de bois, autres besoins sociaux (accueil du public, paysage, captage d’eau) et protection contre les risques naturels. Chacun de ces axes constitue un terme de l’équation à équilibrer pour assurer la mise en oeuvre d’une gestion multifonctionnelle efficace.

Selon les contextes, cette gestion durable des forêts s’adapte aux enjeux locaux et régionaux : un juste équilibre entre écologie, accueil et économie. Ils seront orientés vers la protection générale des milieux naturels et une amélioration des conditions d’accueil du public, comme c’est le cas dans les forêts littorales de Vendée ; vers la production de bois et la protection générale des milieux, c’est le cas dans certains massifs du Maine et Loire ; vers la production de bois de qualité et l’accueil du public, enjeux que l’on trouve en Loire-Atlantique ou en Sarthe.

Forte de 37 000 emplois directs et indirects, la filière forêt-bois est riche d’une diversité de savoir-faire présents sur l’ensemble du territoire, le plus souvent non délocalisables. Naturel, renouvelable, biodégradable : le bois est l’écomatériau par excellence.

La capacité d’absorption de carbone annuelle des forêts françaises est estimée à 70 millions de tonnes équivalent CO2, soit 15 % des émissions françaises de gaz à effet de serre stockées. A titre d’exemple, un arbre de 5 m3 peut absorber l’équivalent de 5 tonnes de CO2. Cela correspond aux émissions de 5 vols aller-retour entre Paris et New York.