Un peu de mystère

Le territoire Vie et Boulogne compte de nombreuses légendes.

Laissez-vous emporter par ses contes qui font l’histoire de nos communes… Bon voyage et bonne lecture !

Aizenay

On raconte qu’autrefois, à Aizenay, il y avait une garache. C’était une demoiselle qui se transformait en loup garou à la nuit tombée et courait à travers la campagne. Un soir, le fiancé de cette jeune femme se cacha sous son lit et il l’entendit répéter par trois fois : « par-dessus les haies et les buissons ! Pour aller joindre Lavignon » après s’être ointe d’une graisse magique. Curieux, il fit de même mais au lieu de dire « par-dessus… », il remplaça par « à travers les haies et les buissons… » Il put alors la suivre, mais à la place de franchir les haies d’un bon, il dut passer au travers et arriva les bras ensanglanté et les vêtements tout déchirés à Lavignon (où l’on suppose que la jeune fille se rendait à un sabbat, réunion nocturne de sorciers). Sur le chemin du retour, la jeune femme traversa la rivière d’un seul bond. Le jeune homme impressionné s’exclama « Jésus ». Mais cela eut pour conséquence de rompre le sort et la jeune fille dut revenir à pied chez elle !

Alors, faites attention quand vous vous promenez la nuit à Aizenay, vous pourriez bien croiser une garache !

Les sabbats de sorciers se tenaient aussi à Beaufou à la Croix de la Jarrane, aux croisées Soreau et de la Durantière aux Lucs-sur-Boulogne ainsi qu’à la Croisée de la Croix Bouet au Poiré-sur-Vie.

Autrefois, des érudits locaux ont raconté qu’un jour on aurait trouvé, dans une mare près d’un village à Aizenay, quatorze fers d’ânes. Selon la légende, suite à cette découverte on décida d’appeler ce village Quatorzane et on aurait aussi conclu qu’à partir de ce jour, le nom d’Aizenay signifierait « Pays de l’Âne » !

On raconte qu’un « fossé sarrasin » se trouverait à Aizenay ente les lieux-dits la Boule, la Bretonnière et la Crèche. Ce fossé, long de cinquante kilomètres, commencerait à Talmont-Saint-Hilaire.

Au IXème siècle débutent ce que l’on appelle les « Invasions Sarrasines » ou « Conquête Sarrasine » en France. Les Sarrasins, qui occupaient déjà le Péninsule Ibérique et les Pyrénées, progressaient très vite vers le Nord. Mais un événement freina leur progression: la bataille de Poitiers menée par Charles Martel le 25 Octobre 732. Les Sarrasins furent défaits lors de ce combat et on raconte que c’est à ce moment-là qu’ils auraient construit ce fossé servant de fortification.

Au contraire certains pensent que ce fossé aurait des origines préhistoriques, d’autres estiment que c’est là l’œuvre des Romains… l’énigme demeure d’autant plus que, par la suite, le terme « sarrasin » a été très utilisé pour désigner quelque chose d’ancien, de vieux, d’antique ou d’origine inconnue. Alors, à vous de faire votre choix !

Une autre légende dit aussi que ce fossé devait réunir les eaux de la mer de Talmont à Saint-Gilles. Mais, pour que cela se réalise, il fallait une condition : le fossé devait être construit en une seule nuit ! On raconte aussi qu’un grand chef aurait dit aux travailleurs :

Si fossé sera

Quand coq chantera

La mer y viendra

Et y coulera

Entre 1778 et 1784, la quasi-totalité des habitants de la commune semblait possédée par le Diable. Les clercs abandonnèrent l’église. Les commerçants et particuliers n’écoutaient que les plus mauvais instincts. L’anarchie était à son comble. Les violences se multipliaient tout comme les adultères et les crimes. Le Diable se manifesta : les témoins le reconnurent et le greffier Delaroze en fit une description très précise.

Cependant, un petit nombre demeuré fidèle au curé Jouen réussit à prendre le dessus par des châtiments exemplaires. Tous les possédés furent punis tel Martineau le charpentier, qui, étant pris de vin, avait plusieurs fois vomis dans l’église. Les officiers de police furent semoncés par le Sénéchal, le sieur Pyneau.

Le calme ne revint que plusieurs années après.

Pour forcer le sorcier à les désensorceler, les habitants d’Aizenay faisaient bouillir à petit feu un poumon de mouton tout hérissé d’aiguilles. L’un d’eux

ne se délivra d’un esprit malin, au village des Arcis, que grâce à un bâton de néflier qui conjura le sort.

Beaufou

Commençons par la légende de la Dame Blanche. Près de Beaufou se trouvait le château du seigneur de la Vergne. Parti en croisade contre les Infidèles, vint le jour où il fallut qu’il rentre dans son Poitou natal. Avant de partir, il emmena tout ce qu’il put prendre avec lui : tentures, parfums, miroirs… ainsi qu’une captive sarrasine qu’il venait juste d’épouser. Cette jeune femme était d’une beauté éblouissante, son teint était blanc comme neige, ses yeux noirs et brillants étaient envoûtants, sa démarche altière et elle portait à son doigt l’anneau de la Vergne. Le seigneur de la Vergne ne voyait que par elle et faisait tout pour la combler. Il fit ériger un autre palais à la place du château de ses aïeuls. Fêtes, chasses se succédaient et la jeune femme était devenue la reine de la cour. Mais tout cela cessa quand le seigneur de la Vergne dut retourner à la guerre et la jeune sarrasine se retrouva seule. Les premiers temps, elle essaya de se distraire mais très vite la solitude commença à lui peser. Alors, elle décida d’aller voir la sorcière qui se trouvait près du village du Marchais-Gautreau. Personne ne sait ce qui se passa entre ces deux femmes. Seulement, à partir de ce moment-là, une peur effroyable s’empara de la population car, chaque nuit, une louve au pelage blanc accompagnée d’une meute de loups parcouraient la campagne et terrorisaient tout le monde. A son retour, le seigneur de la Vergne fut mis au courant et pris la décision d’y mettre fin. Toutes les nuits, il se mit à la poursuite de la louve blanche sans succès, jusqu’au jour où il réussit à atteindre l’animal et lui coupa une patte d’un coup de hache. Un cri humain déchira l’atmosphère. La louve s’enfuit et le seigneur alla récupérer la patte. Mais là, quel effroi quand le seigneur s’approcha de la patte et qu’il s’aperçut que c’était en fait une main de femme. Une main de femme qui portait, à l’un de ses doigts l’anneau de la Vergne. Aussitôt, le seigneur se précipita chez lui et découvrit sa femme dont le sang jaillissait du poignet coupé.

Elle demanda à son mari : « Frappez moi et tuez-moi pour me punir de tout le mal que j’ai fait. Laissez-moi revenir hanter ces lieux ». Depuis cette époque, les jours de brouillard, on peut apercevoir une dame blanche qui passe mélancolique et désolée. On raconte aussi qu’il est bien rare que quelqu’un ne meurt dans les jours qui suivent son apparition.

Pendant les guerres de Vendée en 1794, eut lieu le combat des Lucs sur Boulogne. Une partie des Vendéens en déroute poursuivis par les Républicains allèrent se réfugier au domaine de la Vergne. Tout le monde se prépara à un assaut des troupes républicaines mais ils furent tous tués y compris des religieuses qui s’étaient réfugiés dans le château. Tous les corps furent enterrés dans la forêt se trouvant le long du chemin allant de Legé à Beaufou. Ce fait historique donna naissance à une légende. En effet, on dit que l’on peut parfois entendre des Ave Maria psalmodiés par les âmes sauvées des victimes, afin que les vivants se joignent à elles pour aider les âmes de leurs compagnons restés enfermés dans le Purgatoire à monter au Ciel.

Alors, si vous passez du côté du domaine de la Vergne, ouvrez grand les yeux et les oreilles, il se pourrait que vous rencontriez la Dame Blanche ou que vous poussiez entendre les Ave Maria.

A Beaufou se trouve un aqueduc entre la Vivantière et la Réillière qui traverse le ruisseau de la Bisière. Mais cet aqueduc n’a pas toujours existé. Autrefois, il y avait là un pont que l’on appelait le « Pont de l’Homme Mort ». Il existe deux versions de la légende de ce pont.

On raconte qu’un jour, un homme cherchait un abri pour la nuit et de quoi manger. Il fut amené à passer par Beaufou. La nuit commençait à tomber lorsqu’il dut traverser à pied un cours d’eau. Le lendemain, des lavandières de Beaufou arrivèrent au ruisseau. Elles avaient pour habitude de venir y laver leur linge. Mais alors, elles furent interdites face au corps sans vie qui gisait devant elles. Le voyageur était mort ! Personne n’a jamais su qui était cet homme et de quelle façon il était mort mais une chose est sûre, c’est que depuis, personne ne s’aventure la nuit près de ce ruisseau : on dit que celui qui s’y perd risque de mourir. C’est pour cette raison que le ruisseau prit aussi le nom de « Ruisseau de l’Homme Mort ».

On dit aussi que, quand un voyageur, notamment un homme, se promène à minuit sur ce pont sans prier, il peut faire la mauvaise rencontre des Lavandières de nuit. Ce sont des femmes qui, à la nuit tombée, investissent les cours d’eau. Généralement, ces femmes sont des mortes qui ont été enterrées dans un linceul souillé et reviennent le laver, ou bien ce sont des femmes coupables d’infanticides et condamnées à laver à tout jamais le linge sanglant de leur enfant. Selon la légende, les Lavandières de nuit sollicitent l’aide des passants pour tordre leurs linges. Mais attention à ne jamais tourner le drap dans le même sens que la lavandière sans quoi le linge s’enroule et se resserre sur le malheureux le vidant de son sang et lui brisant les os. Alors, gare à ceux qui se promènent la nuit près du pont.

Mais ce n’est pas tout ! C’était aussi un lieu où se rassemblaient les garous à la nuit tombée. En effet, toutes les nuits, les loups garous se livraient à un carnage sans merci. Les habitants, terrés dans leurs maisons, tendaient l’oreille pour entendre les cris et geignements. Le lendemain, ces derniers découvraient un sinistre spectacle : des peaux de moutons, des pattes et des ailes de volailles étaient suspendues aux arbres, restes du repas nocturne des garous…

La Croix de la Morlière, aussi appelée Croix du Tonnerre, existe depuis des siècles et est de grande vénération dans le pays. D’après la croyance populaire, elle a le don d’obtenir autant de pluie qu’on peut le souhaiter. Aussi vient-on beaucoup y prier dans les temps de sécheresse. En 1900, sur la demande de Monsieur le curé, Mgr Catteau autorisa une procession en cet endroit pour obtenir la cessation du fléau. Déjà depuis plus de quinze jours, les hommes, au nombre d’une vingtaine et quelque fois trente, se réunissaient le soir au pied de la croix et récitaient le chapelet, à genoux et tête nue, implorant la fin de leur détresse.

La procession permise eut lieu le 20 octobre. Le ciel se couvrit de nuages pendant qu’elle se faisait et il tomba un peu d’eau. Au bout de quelques jours la terre fut suffisamment arrosée par une pluie bienfaisante ; le bétail qui dépérissait put être abreuvé, les pâturages reverdirent et les labours pour les semailles se firent dans les meilleures conditions. Une fois de plus la croix de la Morlière avait montré sa vertu.

Bellevigny (Belleville-sur-Vie)

Quatre seigneurs du canton avaient, autrefois, l’habitude de partir à la chasse. Un jour de grande chaleur, ils décidèrent d’aller chasser. Assoiffés, ils se mirent alors à la recherche d’une fontaine ou d’un point d’eau en vain. C’est alors qu’un de leurs chiens, Ronfleau, guidé par l’instinct, fit une découverte fructueuse. En effet, au milieu d’une prairie, il trouva un petit filet d’eau. Tout le monde se désaltéra et, selon la légende, l’un des seigneurs tout joyeux s’écria : « Cette eau nous a rendu la vie : baptisons-la du nom de Vie ! ». Cette appellation eut un grand succès et c’est pourquoi la Vie porte ce nom-là.

Selon le commandant de gendarmerie Tizané, une maison hantée existerait à Belleville. En tout cas elle est tout à fait étrangère à ce que les journaux ont appelé en janvier 1947 « L’affaire de sorcellerie de Belleville ». A cette époque, plusieurs jeunes gens accompagnés du garde-champêtre se rendirent en pleine nuit au domicile de la sorcière à Lande Blanche pour la punir de ses méfaits. Ils la rendaient responsable de toutes les calamités qui frappaient les fermiers de la Vinetière.

L’affaire finit en Justice de paix pour les uns en Correctionnelle pour les autres.

Bellevigny (Saligny)

Au Récrédy dans la commune de Saligny se trouvait la chapelle Notre-Dame de la Bonne Rencontre aussi appelée Notre-Dame des Récrédys. Cette chapelle serait l’œuvre d’une femme qui aurait été séparée de son fils unique pendant un certain temps.

Il existe deux versions de cette histoire:  son fils aurait été enlevé par une troupe de bohémiens où il serait parti à la guerre laissant sa mère sans nouvelle. Cette dernière, accablée par la chagrin, décida un jour de partir à la recherche de son fils. Elle prit la direction du Poiré-sur-Vie et là, elle rencontra un messager qui lui apprit une bonne nouvelle : elle allait très bientôt revoir son fils. Alors, subjuguée par le bonheur, elle se hâta et retrouva son fils au Récrédy. Elle fit alors la promesse de faire élever une chapelle à l’endroit où elle avait appris la bonne nouvelle (Notre-Dame de Bonnes-Nouvelles au Poiré-sur-Vie) et une autre là où elle avait retrouvé son fils : cet événement serait donc à l’origine de la chapelle Notre-Dame de la Bonne Rencontre à Saligny.

Près du bourg de la commune de Saligny se trouvent les traces de ce que l’on pense être un souterrain-refuge.

Il existe des souterrains-refuges un peu partout en France et notamment dans l’Ouest. Les souterrains-refuges se caractérisent par une succession de petites salles reliées par des couloirs. Ils étaient généralement creusés dans un sol rocheux et servaient d’abris.C’est notamment ce que l’on peut voir avec le souterrain de Saligny. Il n’y a pas encore eu de relevés précis d’effectués mais on sait déjà qu’il se situe dans une ligne rocheuse bordant le quartier de la Rochette. Il se compose d’un orifice horizontal qui donne sur une partie voûtée. Un boyau se trouve dans la continuité de la partie voûtée.

Les prochaines études nous permettront peut-être de découvrir des histoires de fées ou autres créatures légendaires attachées à ce souterrain à l’instar du souterrain de la Giraudelière des Lucs-sur-Boulogne ?

La Genétouze

Dans le petit village de la Suerie, à la Genétouze se dresse la Chapelle Sainte Radegonde. Selon la légende, cette chapelle a des origines bien singulières. Mais pour mieux comprendre, revenons sur un épisode décisif de la vie de celle dont elle porte le nom.

Sainte Radegonde fut élevé par son oncle Hermanfroi. Clotaire, alors roi de Soissons, déclara la guerre à Hermanfroi et ce dernier fut vaincu. Sainte Radegonde et son frère Amalafroi firent parti du butin de Clotaire et celui-ci tomba amoureux de Radegonde immédiatement. Elle reçut une éducation religieuse et ce fut une véritable révélation pour elle. Elle se voua corps et âme à aider les autres, elle apprenait à prier aux enfants et allait jusqu’à donner une partie de son repas à des infirmes. Arriva le jour où Clotaire épousa Radegonde. Mais cette nouvelle vie qui s’ouvrait devant elle ne l’intéressait pas et elle continua à mener sa vie d’avant. Elle faisait la cuisine, nettoyait, s’occupait toujours des malades avec la plus grande des douceurs. Toute cette vertu impressionnait Clotaire et en même temps l’agaçait. Un jour, Amalafroi, le frère de Radegonde vint lui rendre visite pour voir comment elle se portait. Clotaire entendit leur discussion ainsi que les rires de Radegonde. Il faut dire que Radegonde ne riait presque jamais et, ne supportant pas cela, Clotaire provoqua Amalafroi en duel. Ce dernier mourut et ce fut un événement décisif pour Radegonde. Elle décida dès lors de se consacrer à la religion et se réfugia dans sa villa de Saix en Poitou. Quelques temps après, Clotaire décida d’aller la chercher pour qu’elle redevienne son épouse. Radegonde fut mise au courant de l’entreprise de son mari et prit la fuite. Mais, lors de sa débâcle, et, sur le point d’être rattrapée par les hommes de Clotaire, elle arriva à un champ que des fermiers étaient en train de semer. S’adressant à eux, elle leur dit « si quelqu’un vous questionne au sujet de mon passage, dites que j’ai traversé votre champ alors que vous l’ensemenciez ! ». Ainsi, le Roi arriva et interrogea les paysans qui lui répondirent qu’ils n’avaient vu personne depuis qu’ils avaient semé. Devant une telle preuve, le roi fit demi-tour. Depuis, on appelle ce phénomène le « Miracle des Avoines ». Il aurait eu lieu dans le champ où se trouve actuellement la chapelle à la Genétouze, et pour perpétuer le souvenir de ce miracle, la chapelle Sainte Radegonde aurait donc été construite.

Dans le village de la Chevrie à la Genétouze coule une petite rivière du nom de Courtin. Ce cours d’eau sert de délimitation naturelle entre les communes d’Aizenay et celles de la Genétouze et du Poiré-sur-Vie. A cet endroit, se trouve le lieu-dit de la « Tasse aux Trois Curés », nom donné à une portion du Courtin. En effet, on dit que, jadis, trois curés (celui d’Aizenay, de la Genétouze et du Poiré) aimaient venir en ce lieu où ils avaient l’habitude de se réunir pour pêcher à la mouche à la belle saison. Un jour, alors qu’ils avaient très soif, ils se seraient allongés tous les trois au bord du Courtin pour boire et un quidam, qui passait pas là, se serait écrié «  ça fait trois curés qui boivent à la même tasse ! ». Depuis, le nom en serait resté.

Le Poiré-sur-Vie

La Pierre de la Merlière est un mégalithe d’environ dix tonnes classé Monument Historique le 31 mai 1939. On ne sait pas exactement de quelle époque date cette pierre, on peut simplement dire qu’elle a entre 2800 et 7000 ans. A sa surface, on peut admirer un peu plus de trois cents gravures dont certains ont été identifiés comme étant des cupules simples (cavité en forme de coupe), des cupules cerclées, des signes cruciformes… Une des interprétations possibles de ces formes serait la représentation de ce que l’on appelle un astrodiaque, c’est-à-dire un calendrier solaire à huit signes.

Cette pierre porte aussi le nom de Pierre des Farfadets. Les Farfadets, que l’on nomme aussi Fadets, Fradets ou Follets sont de tout petits hommes, souvent farceurs, aimant danser la nuit et la tradition veut qu’ils soient les gardiens de trésors cachés.

Selon la légende, de « petits » Farfadets se promenaient le long de la rivière la Vie non loin du lieu-dit de la Merlière, lorsque le plus jeune des Farfadets enleva un caillou qui le gênait dans son sabot. Il lança ce caillou dans les airs et ce dernier atterri à l’endroit où se trouve la pierre aujourd’hui. Le caillou se mit à grossir, grossir, grossir… jusqu’à devenir la pierre que l’on connait actuellement. C’est de cette façon que la Pierre serait arrivée à la Merlière et porte ainsi le nom de « Pierre des Farfadets ».

Une autre légende dit que les Farfadets auraient caché un trésor sous la Pierre et les cupules seraient les traces laissées par leurs pieds. De même, il paraîtrait qu’ils avaient l’habitude de jouer au jeu des « caguenettes ». Ils utilisaient de petites boules issues d’une maladie du chêne pour jouer avec en les faisant rouler dans les cavités de la pierre.

On raconte également que la pierre se trouvait normalement de l’autre côté de la rivière, aux « Filées de Barrots ». Selon la légende, Gargantua l’aurait mise sur ses épaules afin de la déposer de l’autre côté de la rivière en haut du coteau. Il l’aurait donc laissé là et les petites cavités que l’on voit à la surface de la pierre seraient les empreintes des doigts de Gargantua. Depuis, on appelle parfois ce mégalithe le « Palet de Gargantua ».

Enfin, une dame blanche serait condamnée à errer dans la Vallée de la Vie et s’aventure parfois non loin de la pierre.

Il existe aussi sur la commune une pierre à cupules que l’on appelle Pierre de la Fée ou des Fées des Vergnaies et une pierre des Petits Fradets

Pendant le Révolution Française, le chevalier François-Athanase Charette de La Contrie, joua un grand rôle notamment en Vendée. Il représenta la résistance vendéenne. On raconte que ce dernier se serait constitué un trésor de guerre et, qu’à partir d’août 1795, il aurait organisé plusieurs débarquements sur la plage du Bec à Saint-Hilaire-de-Riez pour récupérer son magot. Ce trésor (ou une partie) aurait ensuite suivi Charette dans ses différents déplacements. La légende dit qu’au village de Montorgueil au Poiré-sur-Vie, là où Charette a eu un camp régulier à partir de 1796, se trouverait une partie du trésor.

On raconte aussi que, lorsque le trésor de Charette arriva sur la plage du Bec, lui et ses hommes entreprirent de le ramener à leur quartier général à Belleville-sur-Vie et Charrette y aurait caché une partie du trésor.

Enfin, dans un village près de Saint-Denis-La-Chevasse, on dit qu’une des deux malles qui contenaient ce fameux trésor aurait été jetée dans un puits près de l’Andrière.

A partir du XVIIème siècle, la famille Vaz de Mello s’installa au château de la Métairie. Le quatrième du nom épousa en 1760 Marguerite de Charette. Ils eurent six enfants dont quatre filles. Les quatre jeunes filles se retrouvèrent rapidement orphelines et furent élevées par deux de leurs tantes. Leurs deux frères trouvèrent aussi la mort. Mais le destin tragique de cette famille ne s’arrêta pas là. En effet, face aux événements de la Révolution Française, les jeunes filles prirent peur et s’enfuirent. Il semblerait qu’avant de partir, elles auraient caché tous leurs biens. Le trésor des Demoiselles de la Métairie reste encore introuvé.

Un autre fait marque l’histoire de ces jeunes filles: leur exécution. Le 17 Décembre 1793, elles furent arrêtées près de Nozay et envoyées à Nantes. Elles furent emprisonnées à la prison de Bouffay et Carrier donna l’ordre de les exécuter sans jugement. Plusieurs auteurs romantiques se sont emparés de l’histoire des Demoiselles de la Métairie pour créer une légende autour (comme Pitre-Chevalier). Depuis, “une tradition, très respectable et rendue assez vraisemblable du fait de la présence des religieuses, veut que les victimes aient entonné un cantique du Père de Montfort « Je mets ma confiance, Vierge, en votre secours ».  On dit aussi que l’assemblée aurait demandé la grâce de la plus jeune sœur, Olympe. Quelqu’un dans la foule se serait écrié « elle est trop belle pour mourir ! » et Olympe aurait rétorqué « rien n’est trop beau pour le Ciel ». Enfin, « d’après une autre tradition, celle-ci assez bien établie, le bourreau Michel Sénéchal, qui mourut effectivement peu de temps après l’exécution, serait décédé des suites de l’émotion, sinon des remords que celle-ci lui aurait causée… »

Le propriétaire du Château s’attend, un jour, à voir surgir le fantôme d’une des quatre jeunes filles…

On raconte que le Château de la Métairie serait hanté par un petit homme rouge. Certains disent que cet être fantastique viendrait sonner la cloche pour annoncer la mort prochaine de l’un des habitants. D’autres pensent qu’il fait retentir le tintement de cette cloche pour prévenir d’un incendie. Et si quelqu’un le surprend pendant son travail, ce dernier se sauve en criant et « le sort n’en est pas conjuré pour autant ! »

Les Lucs-sur-Vie

Aux Lucs-sur-Boulogne, les fées sont parfois très facétieuses. En effet, on raconte qu’un jour, une fée s’est glissée (ou immiscée) à l’intérieur d’une maison et a enlevé une petite fille de son berceau. Personne ne sait pourquoi. Lorsque la mère s’en aperçut, elle fut effrayée d’autant plus qu’à la place de sa petite fille se trouvait une fée « horriblement laide ». La mère désespérée alla voir le curé et lui fit part de sa mésaventure. Alors, le curé lui conseilla de mettre 13 œufs sous la cendre avant d’aller se coucher en lui promettant que le lendemain elle retrouverait sa fille. Et ce fut le cas, le lendemain matin la fillette se trouvait à nouveau dans son berceau. Alors, méfiez-vous des petites fées farceuses !

Mais parfois, ce sont les fées qui se font attraper. On dit qu’aux Lucs-sur-Boulogne, le souterrain de la Giraudelière était habité par une fée. Elle était la gardienne de la « Source Minérale » très ferrugineuse et réputée pour ses vertus. Cette fée avait coutume de venir aux veillées chez les fermiers et prenait place sur un trépied sans rien dire. Mais les fermiers lassés, décidèrent un jour de chauffer le trépied à blanc. Alors, quand la fée arriva comme à son habitude pour prendre sa place sur le trépied, elle se brûla méchamment et partit en criant. Et on ne la revit plus jamais.

Si vous passez un jour dans le bois de la Malvergne près de la Jarrie et du Lavaud, arrêtez-vous un instant et imaginez un menhir au sommet duquel se trouvait un siège naturel (cette pierre a disparu vers 1870). Ensuite, représentez-vous la scène suivante : les loups garous avaient l’habitude de venir s’accroupir sur ce menhir appelé la « Pierre des Loups Garous » et ils se mettaient à hurler, mais ils y venaient aussi pour se soulager… La « Rouère* de Pisse-loup », c’est le nom que l’on donna, dès lors, au cours d’eau qui prenait sa source au pied du mégalithe.

*Rouère : signifie « ruisseau » en poitevin.

Vers le VIIème siècle, on raconte qu’une partie de la communauté des moines bénédictins de l’Abbaye de Talmont serait venue s’installer aux Lucs-sur-Boulogne près d’une zone marécageuse, au lieu-dit du Marchais Bouin. Selon la légende, le marais du Marchais-Bouin est l’emplacement où les moines auraient construit le monastère et l’église, future église paroissiale de Saint Pierre du Luc. Les moines et le monastère auraient été engloutis dans le marais. Personne n’a jamais pu expliquer ce qui s’était passé. Mais, si on tend l’oreille, on peut encore entendre les bruits d’une vie passée. Promenez-vous sur les bords de ce marais un soir de Toussaint et vous entendrez peut-être le bruit funeste des cloches du monastère, scandant les plaintes des pauvres moines…

Aux Lucs-sur-Boulogne se trouve une pierre que l’on appelle la « pierre du sacrifice ». Elle se situe près de la butte du Petit-Luc. On y trouve de la phtanite aussi connu sous le nom de « pierre noire », roche sédimentaire à très forte teneur en radioactivité. Selon la légende, cette pierre pourrait représenter le reliquat d’un monument druidique et aurait servi pour des sacrifices humains. En effet, l’emplacement de cette pierre aurait permis à une assistance réunie dans la prairie (où se situe actuellement l’Historial) de pouvoir écouter les cérémonies qui se déroulaient autour de celle-ci.

La tradition veut aussi que cette pierre ait servi, pendant la Révolution Française, d’autel au Curé Barbedette, contraint de se cacher pour dire la messe.

Saint-Denis-la-Chevasse

Le village de la Bouillère à Saint-Denis-la-Chevasse s’appelait autrefois « le Prieuré des Greniers ». Comme son nom l’indique, on raconte qu’il y a eu jadis un prieuré vers le XIVème siècle. Cet édifice était habité par des moines bénédictins d’une grande religiosité. Ce sont eux qui seraient venus débroussailler le « champ des Greniers » pour édifier leur prieuré. Aujourd’hui encore, on peut trouver dans ce champ une douve en partie comblée et un puits enseveli sous les ronces dans le bois de la Bouillère. Mais une interrogation persiste sur le sort de ces moines, que sont-ils devenus? Personne ne le sait exactement. La légende raconte que, probablement à l’époque des guerres de religion au XVIème siècle, tous les moines de la Bouillère furent noyés dans la Boulogne dans un trou profond le long de cette rivière que l’on nomme depuis « la fosse aux moines ».
Sur les pas de la Dame Blanche à Beaufou

Remerciements : H. Cantet, Y. Cantin, J-G. Chenu, M. Chateigner, G. Chevolleau, C. Fréard, M. Gautier, C. Gensollen, G. Glameau, Cl. Guérin, J-M. Guérineau, Cl. Hamel, E. Jiotsa, C. Manceau, J. Martin, G. Métivier, E. Roturier, B. Vincent, J. Pellat et J-B. Piveteau.

Sources : Edmond Bocquier “Les Légendes de la nuit en Vendée” (Yvonnet, 1908), Commune de Saligny, Edwige Jiotsa “Regards croisés sur 50 ans d’histoire” (2013), Jean-Michel Guerineau “Un Regard sur Beaufou” (2010),  Jean-Loïc Le Quellec “La Vendée Mythologique et Légendaire” (Geste, 1996), Joël Perocheau “La Sorcellerie en Vendée, pratiques démocratiques et croyances légendaires” (Le Cercle d’Or/Rivages, 1978), Jean Quechon “Synopsis de l’Histoire de la Chapelle Sainte Radegonde” (1992), Jean Robuchon “Légendes et récits vendéens, le surnaturel” (l’Amateur Averti, 1995), annuaire départemental de la Société d’Émulation de la Vendée (1939), Jean De La Chesnaye, “Contes et Légendes du Bocage Vendée” (Revue du Bas-Poitou, 1901, p.453), Henri Bourgeois “Légendes Vendéennes” (La Vendée Historique, n°49-72, 1899, p.86), Henri Bourgeois “Petit Musée Traditionniste de la Vendée” (La Vendée Historique, 1907, p. 395), Guy De Raignac “Le Château de la Métairie” (La Revue du Bas-Poitou et des Provinces de l’Ouest, 1966, N°1, p. 59-76), archives de M J. Gaudin, Association Lucus, chroniques Paroissiales d’Aizenay et les Chroniques Dionysiennes.

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